Au lendemain de sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, la cheffe de file des députés RN a salué le fait que la justice ait l’intention d’organiser un procès en appel avec une décision qui serait rendue des mois avant la présidentielle de 2027.
La cheffe de file de l’extrême droite Marine Le Pen et huit eurodéputés sont reconnus coupables de détournement de fonds publics. Les peines vont être détaillées individuellement, mais ne sont pas encore connues.
Les douze assistants jugés à leurs côtés ont, eux aussi, été déclarés coupables de recel. Le tribunal a estimé que le préjudice total était de 2,9 millions d’euros, en faisant « prendre en charge par le Parlement européen des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti » d’extrême droite.
Les neuf eurodéputés et les douze assistants reconnus coupables ont signé des « contrats fictifs » et il y a bien eu l’existence d’un « système » au sein du parti, a déclaré la présidente du tribunal, Bénédicte de Perthuis. « Il a été établi que toutes ces personnes travaillaient en réalité pour le parti, que leur député ne leur avait confié aucune tâche », qu’ils « passaient d’un député à l’autre », a-t-elle détaillé.
« Il ne s’agissait pas de mutualiser le travail des assistants mais plutôt de mutualiser les enveloppes des députés », a-t-elle poursuivi. « Que les choses soient claires : personne n’est jugé pour avoir fait de la politique, c’est pas le sujet. La question, c’était de savoir si les contrats ont reçu une exécution ou pas », a déclaré la magistrate.